Le Domaine des Enfreins vous présente les témoignages de ses clients.

DOMAINE DES ENFREINS

Sur cette vaste propriété sont organisées des chasses devant soi aux tarifs particulièrement attractifs. Connaissant les coûts qu'engendrent le petit-gibier, nous étions impatients de découvrir la propriété ; c'est au cours d'une belle journée du mois de Novembre que cette opportunité nous a été donnée. Bien loin d'une chasse low-cost aux prestations approximative le Domaine des Enfreins réserve de belles émotions aux passionnés de chiens d'arrêt souhaitant renouer avec des souvenirs oubliés.

Certains amis du « grand ouest » connaissaient bien le territoire et leurs descriptions alléchantes au même titre que les invitations déclinées avaient eu raison de notre curiosité ; la fin de saison du perdreau approchant, nous avions décidé de connaître cette « terre promise », tenant en haleine tant de passionnés de chasse devant soi. C'est donc avec enthousiasme que nous avons pris la route pour ce territoire entre Vendée et Deux-Sèvres. Le café aidant, les 4 heures de route à couvrir depuis Paris furent vite avalées, échafaudant au gré des kilomètres et des volutes de nos cigarettes d'improbables hypothèses sur la journée qui allait suivre.

Quittant l'autoroute aux Herbiers nous fument d'abord frappés par les vallons que semblait dessiner un soleil d'abord timide, bien loin toutefois de la grisaille parisienne de la veille. Très vite, des pancartes annonçaient avec précision le chemin à suivre jusqu'à la propriété, notre arrivée sur zone était imminente... Déjà, quelques oiseaux regroupés ici et là rappelaient leurs congénères égaillés dans la campagne alentour, mettant en émoi le chien de mon camarade, qui, l'oeil inquisiteur scrutant à travers la lunette arrière, semblait prêt à en découdre avec les volatiles qui le narguait.

Verdure et déclivité de terrain, voici une forme d'habile décoction à mi-chemin des contreforts pyrénéens ibériques et des riches pâtures du Perche à seulement deux pas du Puy du Fou jouxtant la propriété. Les fondamentaux étaient posés, dès lors, comment douter de la présence de beaux oiseaux ?

Encore un ou deux kilomètres sur un bon chemin longeant cultures à gibiers divers et variés, friches maîtrisées et savamment disposées ou bois épars, renfermant probablement quelques mordorées le moment venu, et nous voici à proximité d'un charmant rendez-vous de chasse judicieusement construit en contrebas, au cœur de la propriété.

C'est avec un large sourire surmontant une affable moustache que nous accueille Daniel BARON, le propriétaire des lieux, debout sur la terrasse de caillebotis tel un capitaine de navire amiral sur le pont. Rapidement, les présentations d'usage effectuées, nous fument conviés à nous asseoir autour d'une table sur laquelle nous attendait une « légère collation » à laquelle se mesuraient les autres convives. A la vue de la profusion de plats offerts par nos hôtes nous restions sceptiques quant au déroulement de la journée annoncé au téléphone : rapide casse-croûte matinal, chasse puis déjeuner avant de repartir pour l'après-midi... Contre toutes attentes, rillons, tripes et fromages du terroir s'enchaînèrent rapidement. Il convient de signaler ici la finesse des tripes qui nous ont régalées, ce plat, pour lequel je confesse une habituelle antipathie s'est avéré particulièrement savoureux.

A l'heure dite, les conseils étaient donnés et l'accent mis sur la sécurité compte tenu du nombre important de fusils ce jour; à cette fin, avant notre départ pour la chasse une casquette rouge arborant fièrement le logo du Domaine nous fût remise, la visibilité primant à juste titre sur l'esthétique. Tout en s'équipant sur le parking, les chiens s'impatientaient et tournaient joyeusement autour de leurs maîtres semblant leur intimer l'ordre « d'accélérer la manœuvre ». Afin de permettre à chacun de bénéficier de la quintessence de la chasse devant soi, Daniel BARON met d'ailleurs à disposition des chiens d'arrêt particulièrement aux ordres. Chiens de petite quête, ils n'ont de cesse de satisfaire leur maître du jour, dénichant à courte distance devant eux des oiseaux méfiants et connaissant parfaitement le territoire.

Vers 9h30, les chasseurs partent donc à la conquête de ce difficile territoire par petits groupes en fonction des affinités, parfois créés le matin même compte tenu de la bonne camaraderie, de rigueur aux Enfreins. Grincheux, grognons et autres mauvaises compagnies passent votre chemin. Après quelques « tours de chauffe » sur des oiseaux piéteurs, les chiens les plus fougueux se calment, arrêtent les premières compagnies et des coups de feu épars se fon entendre. Si les chiens sont rapides à se régler, il en va parfois tout autrement des hommes, les oiseaux jaillissant des haies ou descendant à vive allure les pentes abruptes du territoire mettent à rude épreuve nos habitudes de chasseurs de plaines.

Aux Enfreins, on se plait à retrouver une chasse traditionnelle, particulièrement lors des journées ou peu de chasseurs fréquentent le territoire. Chacun évolue alors à son rythme à travers les cultures appropriées (maïs, colza et autres petites graines), les fougères et les nombreuses friches de ce territoire de 220 hectares. Le gibier varié : perdreaux rouges et gris, mais aussi faisans, canards, lapins et pigeons nous replongent dans une chasse emplie de saveurs oubliées comme nous la pratiquions jadis avec nos grand-mères derrière leurs inséparables « bretons », qui, inlassablement, parcouraient devant eux les plaines et haies du canton. Pour autant, ne nous fourvoyons pas ! Non les oiseaux ne sont pas naturels, non la majorité n'ont pas été lâchés au printemps sur cette terre pourtant hospitalière ; qui aurait d'ailleurs la naïveté de le croire ? Ici, les choses sont néanmoins bien faites. Les oiseaux, élevés par Daniel BARON lui-même, ont de l'aile, ils usent et abusent des pentes des Enfreins et chacun se prend au jeu et se remémore un passé pas si lointain où ces scènes, désormais privilégiées, étaient le quotidien du commun des chasseurs. N'est-ce pas là l'essentiel ?

Au fur et à mesure de la matinée les chasseurs gagnent en adresse et leurs tirs en précision, les oiseaux plient désormais les ailes plus souvent qu'à l'accoutumée pour être prestement rapportés par nos auxiliaires canins arborant fièrement leur proie tel un enfant de chœur portant un saint sacrement. Après quelques compagnies levées dans les cultures ou prairies de cette fin de saison, les garennes se montrent conciliants et jaillissent des broussailles sous les yeux de chasseurs incrédules, toujours surpris d'une telle aubaine. Cette première partie de journée se déroule sans fausse note, preuve que la partition est maîtrisée par notre chef d'orchestre. Les levées ne se suivent et ne se ressemblent pas au gré des couverts variés. A la fin d'une matinée bien remplie de ces saines émotions, la faim se fait ressentir, l'enchaînement des pentes du Domaine semble triompher des jarrets les plus aguerris ; le déjeuner, fixé à 12h30 a toute sa place et c'est avec plaisir que les chasseurs, la fatigue les rendant ponctuels, se retrouvent autour d'un verre et d'un frugal plat d'huîtres, un repas aux couleurs des fêtes de fin d'année en quelque sorte. L'ambiance « bon enfant » de la table semble délier bien des langues, les anecdotes du matin sont racontées avec moult détails, certaines particulièrement romancées ne sont pas sans rappeler un sudiste de Tartarin au beau milieu de cet écrin Chouan, l'accent diffère mais les galéjades sont à peu de choses identiques. La chaleur de l'endroit a désormais redonné des couleurs aux plus fatigués et malgré la qualité de la table, Daniel BARON se lève de nouveau, rappel les élémentaires consignes de sécurité mettant un terme à notre déjeuner au goût de réveillon.

Les petites équipes se reforment rapidement partant à la conquête des nombreuses parcelles inexplorée le matin. Les chiens ont retrouvé leur entrain et les premiers oiseaux commencent à traverser les vallées, salués au passage par des fusils toujours surpris des ruses déployées par les perdreaux locaux. A la vue de ces compagnies traversant d'un coup d'aile de profondes vallées encaissées, quelques aficionados se prennent à rêver de battues tant le théâtre s'y prête. Les volatiles, perdrix et faisans, arrivant rapidement à la cime des arbres qui recouvrent les pentes abruptes de collines, cherchant à rejoindre le couvert salvateur de l'autre versant nécessitant un swing appuyé; il est évident que le challenge serait des plus palpitants relevant parfois d'un réel tour de force, même pour certains « sabres » habitués de la discipline. Chacun se plait à découvrir de nouveaux recoins du territoire où nos gibiers sollicités le matin ont pris soin de se réfugier pendant la trêve du déjeuner comme certains ont pu l'observer à travers les larges baies vitrées de rendez-vous. Au beau milieu d'un petit bois à flanc de colline notre braque se fige soudain en périphérie d'épaisses fougères dont ne tarde pas à s'extraire avec grâce une belle mordorée saluée, mais hélas lamentablement manquée. Déçu, le chien semble nous toiser d'un regard circonspect. Heureusement, le dépit l'emporte et, faisant contre mauvais fortuné bon cœur, il reprend sa quête tel un métronome. Arrivé au sommet de la parcelle, un vol de pigeons se rapproche de notre promontoire, le froid de ces derniers jours et le vent aidant, les palombes semblent actives. Dissimulés derrière une haute haie elles ne tardent pas à passer à portée, ce qui vaudra à deux de leurs congénères de rejoindre prestement notre carnier : une vraie chasse buissonnière ! Nous relèverons encore quelques compagnies agitées, probablement déjà dérangées du matin qui prendront un plaisir manifeste à dévaler à vive allure les pentes des Enfreins rendant leur tir impossible par souci de sécurité.

Malgré nos cuisses douloureuses, nous sommes surpris par le jour déclinant nous contraignant à rejoindre le pavillon. Une chose est sûre : nous nous sommes pris au jeu. Au creux des bois, nous entendons ça et là quelques éclats de rire des chasseurs convergents vers ce point de ralliement les jambes lourdes, mais les joues rosies par une belle journée de chasse. Les derniers oiseaux de la journée rejoignent, comme nos victimes du matin, une vaste chambre froide pour en assurer une conservation optimale, notamment lors des plus chaudes journées d'ouverture. Nos camarades du jour s'affairent dans le rendez-vous un dernier verre à la main. Les plus savoureuses scènes résonnent, certains avec un goût de « déjà vu », témoins d'une gouaille vendéenne toujours d'actualité. Déjà il nous faut saluer notre hôte et remonter vers la ville qui va nous aspirer dans son tourbillon de bruits et de bouchons, bien loin de ce coin de campagne que nous quittons à regret.

Tandis que le chien dort du sommeil du juste dans le coffre de la voiture, semblant ignorer la bourriche de gibier distribuée reposant à ses côtés, et que le bandeau de l'autoroute défile à vive allure, nous nous remémorons les bons moments de la journée qui viennent de s'écouler trop vite. Nos jambes douloureuses nous rappellent également ces belles collines que nous observons maintenant dans le soleil couchant par le reflet du rétroviseur et que nous espérons bientôt retrouver. Le Domaine des Enfreins offre à qui sait parcourir quelques kilomètres de plus une vraie chasse aux parfums retrouvés si on le parcourt devant soi. Notre supplique pour quelques journées de battue serait une autre façon de redécouvrir un territoire vendéen, bastion de belles perdrix au parfum d'autrefois.

Retour en haut de page

Ils nous font confiance ?